CONNECT avec BTS : l’art contemporain, une langue des sens

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Le 8 janvier, minuit, heure coréenne, l’album Map of The Soul : 7, de BTS était annoncé. Un planning, qui ressemble étrangement à une carte, tout comme les couvertures de MOTS : Persona, est publié. Parmi les différents projets, une étrange mention, récurrente, se démarque, « CONNECT ». Les rumeurs vont bon train, alimentées par quelques tweets des membres. Tournée, Art, expositions… ? Le 14 janvier, CONNECT déploie ses racines pour une expérience mondiale qui s’annonce merveilleusement immersive.

Introduction au projet CONNECT, BTS

Peu à peu, des indices s’égrènnent à travers le compte twitter personnel des membres, Jungkook donne le coup d’envoi, 3 jours avant l’annonce, en twittant un selfie avec, en fond, quelques photos d’oeuvres et monuments iconiques épinglées sur un tableau, toutes reliées les unes aux autres. Suivi de Suga, puis RM, la tour de Berlin, la Regent Street de Londres, le palais royal de Séoul, l’Obélisque de Buenos Aires ou encore l’hôtel New Yorker se dessinent. On distingue alors les oeuvres de Antony Gormley, Maria Hassabi, Ann Veronica Janssens, Tomás Saraceno affiliées chacune à une ville particulière. Le travail de Jackob Kudsk Steensen n’était pas visible, ainsi que celui de nombreux autres artistes, mais ils prendront également pleinement part au projet CONNECT.  

Le 14 janvier, le CONNECT se précise : Londres est la première ville à bénéficier de détails sur le site connect-bts.com, les autres rubriques étant encore bloquées. 

Épuré, le site web transmet les informations de chaque projet, au compte goutte. On retrouve ainsi une biographie concise de l’artiste, une explication de l’oeuvre, une galerie photo, et une vidéo témoignant d’un échange entre l’artiste et BTS. Le tout – que ce soit le contenu du site ou même la rencontre vidéo avec l’artiste –  est même traduit en allemand et en espagnol, en plus de l’anglais et du coréen, une jolie attention pour les pays hôtes. 

BTS CONNECT planning

L’ouverture de l’événement s’est déroulée à la galerie Serpentine de Londres. Une belle rencontre entre les ARMYs et l’artiste Jakob Kudsk Steensen, ainsi que l’occasion d’échanger en direct avec BTS, par webcam. Étaient présents à l’événement londonien quelques artistes du projet, mais aussi quelques noms reconnus tels que Hans Ulrich Obrist et Ben Vickers, respectivement directeur artistique et Chef des nouvelles technologies de Serpentine, ainsi que Stéphanie Rosenthal, commissaire d’exposition pour le Gropius-Bau de Berlin, et Lee Daehyun, directeur artistique de #CONNECT_BTS.

 Lors de la conférence, Lee Daehyun émettait un triste constat, quant à notre capacité à communiquer, qui, ironiquement, tend à se perdre de nos jours :

« Nous avons à présent la possibilité de communiquer avec des personnes à l’autre bout du monde, mais nous oublions parfois de communiquer avec nos propres voisins, ou parents. Nous perdons la “solidarité”, on ne sait plus communiquer avec l’autre ».

BTS, en revanche, témoignerait d’une capacité incroyable à communiquer avec des personnes du monde entier, toute ethnie, origine sociale et culturelle, confondue. Le reflet d’un désir profond de l’Art moderne : transcender les frontières illusoires, fleurir au yeux du monde pour créer un espace dédié à l’expression. Permettre une visibilité, pour l’artiste militant. 

Boychild ©Inès Manai à gauche. 

Cette « solidarité » perdue, c’est le coeur du projet CONNECT, BTS, alliée à une attention à la diversité, et à la valeur de chaque différence. « Avez-vous trouvé la beauté pure et intacte en vous ? », glissait doucement Jin, après avoir évoqué la forêt Catharsis. L’art ne peut changer le monde, mais par son art, l’artiste a la possibilité d’influencer ses congénères, changer leurs habitudes, les inciter à changer le monde, affirmait Lee Daehyun, complétant la déclaration de RM, similaire. 

De cette réflexion, et d’une volonté propre de BTS de tenter de changer le monde, ou tout du moins d’aider à l’évolution des mentalités, est né « CONNECT, BTS », une collaboration entre art contemporain et pop musique, si tant est que l’on puisse réellement les dissocier… Le travail même de BTS, s’inscrit déjà comme une oeuvre d’art contemporaine à bien des égards.  

L'art, une expérience sensible

Connect-bts définit le projet ainsi sur sa page d’accueil : 

« “CONNECT, BTS” est un projet mondial reliant cinq villes et vingt-deux artistes, chaque artiste apportant sa propre philosophie, et créativité, uniques. Ce projet vise à redéfinir les liens entre l’art et la musique, le matériel et l’immatériel ; entre artistes et public, artistes et artistes ; théorie et pratique. CONNECT, BTS, peut ainsi être définis comme une pratique conservatrice collective menée par des commissaires d’exposition de tous horizons, résonnant de pair avec le message de BTS. »

Certains membres, notamment RM et V, étant particulièrement familiers du monde de l’art, ses galeries et performances diverses, ce projet artistique se confond, en définitive, à leurs propres habitudes. RM expliquait ainsi croire encore, lui et son groupe,  « au pouvoir de l’Art, au fait qu’il peut aider et changer le monde […] » Au sujet de sa récente passion pour l’art, celui-ci avouait n’être encore « qu’un débutant. » :

« En ce moment, j’aime visiter toutes sortes de galeries et de musées, contempler toutes ces pièces exceptionnelles. En les regardant, je ressens le parcours et le combat de toute une vie, les pensées [de l’artiste]…Elles sont là, palpables, et ça me donne toujours des frissons, un choc et même une inspiration. J’espère qu’un grand nombre de personne pourra croire au pouvoir de l’Art, tout genre d’art, et contribuer ainsi à changer le monde.  »

Boychild  – Ritual of Care ©Inès Manai

Le projet CONNECT, BTS a été entièrement financé par les membres eux-mêmes. Une implication personnelle révélatrice d’une volonté d’inscrire l’album Map Of The soul : 7 dans une véritable réflexion artistique. MOTS : 7, ce n’est plus simplement un album, mais un projet complet aux ramures touchant l’Art dans toute sa complexité. Architecture, dessin, sculpture, cinéma, danse, chant, poésie, musique, théâtre, photographie… MOTS : 7 est un concentré de créativité,  une formidable émulation collective entre différents artistes touchant à chaque branche de l’Art. Avec CONNECT, BTS a créé une plateforme créatrice permettant à chacun d’exprimer sa sensibilité et ses convictions, appuyée par la sortie récente de « Black Swan » – une des pistes de l’album 7 – et de sa frissonnante performance de danse contemporaine, socle d’expression pour la troupe MN Dance Company.

Sans plus de barrières, l’art s’exprime comme langue universelle : une langue des sens, matérielle et immatérielle. Un son, un toucher, une image, un tracé. Une expérience sensible, propre à chacun et dont le spectateur, tout comme l’artiste, prennent pleinement part à l’oeuvre.  

« Grâce à ce projet, nous avons énormément appris. Plutôt que de penser que l’art est une chose difficile ou complexe, concentrez-vous sur vos propres expériences et émotions, pour en retirer une belle expérience » – V

Marcelo Evelin, « A Invenção da Maldade » – Ritual of Care ©MaurícioPokemon

L’artiste comme médiateur, parfois acteur, le spectateur comme regard influençant la réception de l’oeuvre, et provocant de fait sa transformation. Ainsi, Clearing de Antony Gormey appelle ouvertement le public à se faire acteur de sa dame de fer, en en explorant ses entrailles, pour s’imprégner de ses pleines perspectives. Steensen plonge le visiteur dans une ambiance sonore déstabilisante de naturelle, tandis que Stephanie Rosenthal et Noémie Solomon orchestrent des performances singulières abordant le rapport au corps, son rapport à l’espace, et au spectateur, dans un processus réparateur. 

« Nous avons eu la chance d’échanger avec les artistes [prenant part au projet], nous avons été particulièrement réceptifs quant à la manière dont l’art se complète par les expériences des spectateurs, de par leur regard, et leur participation [physique] à l’oeuvre. Nous communiquons avec nos fans grâce à notre musique, et nous avons également la sensation que nos performances se complètent grâce à, et par l’action, de nos fans. »,  exprimait JungKook lors de la conférence à Serpentine. 

La forêt virtuelle, Catharsis, créée par l’artiste danois Jakob Kudsk Steensen n’est que le début d’une série d’oeuvres, d’installation en tout genre.  Ainsi quelques artistes ont eu l’occasion de s’exprimer plus amplement sur leurs travaux à venir, tels que Yiyun Kang ou Antony Gormey, tout deux présents à Serpentine lors de la journée d’ouverture. 

Les artistes de CONNECT, BTS

Angleterre, Belgique, Argentine, Brésil, Danemark, Turquie, Niger, Corée, Chine, États-Unis… CONNECT, BTS concentre l’imagination de vingt-deux artistes d’une diversité culturelle marquante. Nous évoquions plus haut l’oeuvre Catharsis de Jakob Kudsk Steensen exposée dans la galerie londonienne Serpentine, mais Antony Gormley, Yiyun Kang, Tomás Saraceno ont pu également nous communiquer quelques informations sur leur contribution au CONNECT, BTS. 

Antony Gormley annonce une combinaison de sculpture et de dessin, à l’image de ses travaux hybrides tridimensionnels pour le projet Clearing. Le projet dédié au CONNECT, BTS sera construit directement sur place, sur le pont de Brooklyn, à New York, suspendu sur les flots de l’East River. Peut-on s’attendre aux tourbillons hypnotiques de la série « Clearing », revisités ? Cette fois, la structure s’étendra sur plus de 17 Km et se révèle être un véritable défi pour Antony Gormley, incertain quant aux conditions météorologiques pour cette exposition hors des murs d’un musée standard. Une première pour Clearing.

« C’est excitant. Le maître-mot du projet, c’est l’expérimentation. Réaliser quelque chose qui n’a jamais été fait auparavant, essayer des choses qui doivent être tentées pour elles-mêmes. C’est un formidable, et généreux geste de BTS que d’exprimer son amour et permettre la réalisation de choses qui n’aurait pas pu l’être autrement. C’est assez unique. »

Antony Gormley (« Clearing ») à gauche. Yiyun Kang à droite. 

En parallèle de l’exposition proposée par l’artiste belge Ann Veronica Janssens « Green, Yellow, Pink », Yiyun Kang exposera également à Séoul, à compter du 28 janvier. Un projet inspiré des « chorégraphies exquises » de BTS. Une source inspirante pour la conception d’environnements permettant d’expérimenter et de voyager dans l’univers de BTS, et des ARMYs. Intitulé « Beyong the scene » en référence à l’une des significations de  l’acronyme « BTS », c’est un projet qui s’annonce particulièrement prometteur au vu du travail de projections lumineuses fantomatiques, presque oniriques, de l’artiste coréenne.

Tomás Saraceno a annoncé préparer une montgolfière aérosolaire pour un vol dans les Grandes Salines d’Argentine,  et embarquant à son bord, un être humain. Semblable au Museo Aero Solar, la sculpture supposée être en plastique recyclé a été surnommée avec humour « K-Hop» par l’artiste – Aerocene Pacha de son vrai nom – et s’inscrit dans un mouvement écologique.  « L’humain a toujours rêvé de voler. Aujourd’hui, ce rêve est devenu un cauchemar. Et si nous pouvions voler autrement ? »

D’autres encore, comme l’artiste de « performance » nigérien Jelili Atiku ou encore les musiciens Pan Daijin, Bill Fontana et Cevdet Erek, attirent notre curiosité, ceux-ci ne s’étant pour le moment, pas exprimés.

Chez ARMY FRANCE, nous espérons vous proposer sous peu un article pour chacun de ces vingt-deux artistes contributeurs au projet CONNECT, BTS. Restez connectés ! 

Article écrit par #Plume
Traduction EN/FR de ARMY FRANCE

collaboration BTS et Starbucksblack swan couverture