[CONNECT BTS] « Catharsis », un envoûtant paradis virtuel au coeur du centre vert londonien

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Catarsis, un envoûtant paradis virtuel au coeur du centre vert londonien

Le 14 janvier, le groupe sud-coréen BTS annonçait officiellement le projet artistique « CONNECT ». Cinq villes, vingts-deux artistes venus de tous horizons, mais une seule volonté : sensibiliser le monde aux tourments de notre société actuelle, dans un message d’amour envers nous, notre prochain, notre Terre et ses merveilles. Jakob Kudsk Steensen présente Catharsis, une forêt virtuelle piquante de beauté au regard de nos forêts chancelantes.

Catharsis, un projet artistique dans la lignée des projets environnementaux de Jakob Kudsk Steensen

Jakob Kudsk Steensen est un artiste et directeur artistique danois, en résidence actuellement en France pour l’année 2020 au complexe artistique de Luma Arles Foundation. Se destinant initialement au monde du jeu-vidéo, depuis 2015, Jakob Kudsk Steensen propose des installations mêlant technologies modernes, éléments parfois fantasques et réalités écologiques mordantes. Catharsis s’inscrit dans la poursuite du mouvement Erratic Animist, initié par Jakob Kudsk Steensen. 

L’artiste danois s’était illustré par le passé par quelques oeuvres similaires telles que Re-Animated, Re-Wildling, Tree VR, Terratic Animism...Toutes quatre, et d’autres encore, proposaient l’exploration d’une forêt, plus ou moins accueillante, dans des formes toujours plus imaginatives : en collaboration avec Time Square Art, la création Terratic Animism avait été projetée sur les innombrables écrans parsemant les bâtiments du Times Square, chaque soir de novembre, plongeant les passants dans une toute autre atmosphère, surréaliste. Encerclées d’une forêt hivernale dystopique, aux portes de minuit, les rues nocturnes du célèbre quartier new-yorkais semblaient s’être perdues, suspendues dans un espace temporel discordant ; un réel disloqué, piégé entre futur et modernité urbaine, poésie et cauchemar éveillé. 

Avec Re-Animated, Jakob Kudsk Steensen offrait l’opportunité d’explorer l’habitat du Moho de Kauai, espèce disparue après la modification de son habitat avec l’arrivée humaine sur l’île hawaïenne. L’occasion d’écouter le dernier enregistrement disponible du chant de l’oiseau disparu, « ranimé » par l’artiste danois.  Re-Wilding s’inscrivait dans une démarche similaire, portant sur la corneille hawaiienne, Alala, éteinte à l’état sauvage. Ces deux travaux rappellent la chanson Whalien 52 de BTS (notre traduction), qui, à travers la musique, donnait un socle d’expression, une renaissance pour cette étrange baleine solitaire au chant à la fréquence unique, mais inaudible pour le reste de son espèce, et à présent disparue, peut-être même éteinte, tout comme le Moho lors de son triste chant nuptial solitaire, dans un monde où plus aucune communion avec ses semblables n’était possible. 

De ces travaux, l’artiste souhaitait apporter une vision des contradictions de notre société en constante évolution technologique ; une prise de conscience de ce triste retour de la nature lorsque l’humain croit la contrôler, déclenchant un processus qu’il ne contrôle plus : l’Alala, même ré-introduit après élevage en captivité, ne sera plus ce qu’il était, de même que son habitat, modifié drastiquement sans retour en arrière possible ; en témoigne les tentatives de ré-introduction peu fructueuses. 

Ainsi, les deux projets présentent un écosystème déformé par Jakob Kudsk Steensen, un grain mystique, et un peu effrayant, il est vrai. Bien que basé sur des éléments directement extraits de l’île, celle-ci n’a plus grand-chose de semblable. À l’image de l’action humaine qui en entamait la modification, Jakob en alterne également l’image, par sa vision, déjà source d’influence, alors même que l’île « retrouve » une de ses espèces éteintes. Re-animated propose de plus une expérience immersive plutôt intéressante : le souffle, et la voix du public modifient l’écosystème de l’île virtuelle. Subtil, l’effet est minime, en écho aux modifications humaines, souvent inconscientes, d’un écosystème dont il est étranger. 

Catharsis, se rapproche davantage dans son traitement, plus verdoyant, du projet de réalité virtuelle « Tree VR ». Tree VR, à l’initiative de l’association The Rain Forest Alliance et NEW REALITY CO, s’attachait à la protection des forêts tropicales péruviennes, un travail collaboratif dont Jakob Kudsk Steensen était chargé de la direction artistique. Tree VR a été récompensé par le Unreal Dev Grant et le Lumiere Awards.

 Et si vous étiez un arbre, spectateur impuissant de la destruction de votre forêt ? C’est par cette expérience poignante que Tree VR tente de toucher son public, en plaçant le spectateur dans le corps d’un arbre, dans une reconstitution virtuelle fidèle d’une forêt péruvienne souffrant de déforestation.

Depuis la germination de la graine, chaudement couvée dans les profondeurs terrestres, jusqu’à l’épanouissement glorieux de l’arbre, étendant en une auréole bienveillante ses jeunes branchages vigoureux, l’expérience est complète, riche, permettant de vivre, grandir comme un arbre.

Notre peau se pare d’écorce, notre coeur se fait de bois et s’émerveille devant la vie foisonnante des profondeurs forestières. Appuyé de divers dispositifs de vibrations simulant mille et une impression sensorielles, l’expérience est pleinement immersive et déroutante, le spectateur vit l’instant, plongé jusqu’aux racines en pleine forêt péruvienne. S’ensuit la catastrophe, un piège fatal. Bouleversant. Déchirant.  

 « C’était tellement réel […] Et puis le feu est arrivé. Je ne pouvais pas bouger, car j’étais un arbre, et j’étais juste coincée » exprimait l’une des participantes de l’expérience, saisie d’émotion. D’autres, s’étaient effondrés en larmes.

The Deep Listener est le dernier projet de Jakob Kudsk Steensen, précédant Catharsis. Tout comme cette dernière, The Deep Listener était également un projet en collaboration avec les Serpentine Galleries et l’artiste du son Matt McCorkle, appuyé par Google Arts & Cultures et l’architecte Sir David Adjaye. Collaboration qui s’est avérée réussie puisque les galeries londoniennes renouvelleront l’expérience avec l’artiste danois pour CONNECT, BTS. The Deep Listener propose une exploration des jardins Kensington de Hyde Park à l’aide d’une application pour smartphone : une réalité augmentée qui s’attache à tout un monde végétal, omniprésent dans la capitale anglaise. Guidés par l’application, les visiteurs découvrent alors sous un nouveau jour les platanes de Londres, motif familier ornant les rues de la capitale, mais aussi perruches, chauves-souris, roseaux et libellules.

Chacune des espèces étudiées possède une identité sonore minutieusement travaillée, et révélatrice d’une réalité souvent oubliée. Sous l’objectif curieux des spectateurs, la vie végétale s’étire nonchalamment dans une danse sonore et visuelle, une envoûtante vie ralentie, dans sa douce lenteur charmeuse. Le public est captivé, et prête davantage attention aux beautés qu’il ignore. Une formidable expérience poétique à travers la réalité augmentée, confiait le commissaire d’exposition des galeries Serpentine, Hans Ulrich Obrist.

« [...] Mais avec la réalité augmentée (AR), à l'approche [du sujet (arbre, perruche...)], le temps ralentit, et soudainement, l'on peut entendre les vocalises des oiseaux dans toute leur complexité, des nuances qui, d'ordinaire, ne nous sont pas audibles en tant qu'humain. [...] C'est une nouvelle façon de voir les choses qui vous sont aussitôt bien plus familières. C'est pourquoi, pour moi, la AR est excellente dans ce domaine. C'est une amélioration de la compréhension de notre position physique, dans notre réalité présente. Mon travail étant entièrement dédié aux écosystèmes, cela me permet de connecter les gens à de nouvelles formes de réalités ; comprendre pourquoi l'arbre est ici et pourquoi il est ainsi fait [...]»

Jakob Kudsk Steensen, artiste, créateur de Catharsis

The Deep Listener, installation dans les jardins de Kensington – Hans Ulrich Obrist, Sir David Adjaye, Jakob Kudsk Steensen

L'architecture a la capacité de raconter de formidables histoires sur notre monde et ses époques. The Deep Listener n'aborde pas seulement la compréhension des cycles végétaux, des [différentes] espèces, de l'écologie, de la pollution, de la fragilité de notre planète... Elle nous plonge également dans de profondes narrations relatives aux origines, sur le sens et l'évolution de l'écologie, et des formes qui nous entourent. C'est passionnant.

Sir David Adjaye, architecte

L’interview ICI
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Catharsis, un hymne à la plénitude

Catharsis, le projet qui nous intéresse dans cet article, se présente également comme une ode aux beautés sylvestres dont regorge notre Terre. Une attention aux détails et aux sons inaudibles, ( The Deep Listener explorait également cette voie), pour une sensation de plénitude, un éveil aux mondes qui nous entourent, souvent délaissés au profit de nos technologies. 

Le travail de Jakob Kudsk Steensen prend à contre-pied ces problématiques, transformant la technologie, bruyante et dévorante, comme outil de redécouverte des écosystèmes, fragiles, qui nous entourent. Contrairement à Tree VR, Catharsis ne propose pas une prise de conscience brutale dans sa chute, mais reste une oeuvre offrant une sérénité divine, tout aussi bouleversante, laissant au public le soin d’en tirer les conclusions, quant à l’ampleur de nos pertes futures – semblable, finalement, à la démarche de The Deep Listener. 

« Carthasis », qu'es ce que c'est ? L'art comme portail émotionnel

Catharsis s’inscrit étrangement dans la continuité des travaux de BTS. La « catharsis » est, en effet, inextricablement liée au terme « Dionysos ». « Catharsis », la purification de nos émotions par l’expression violente de pulsions négatives ou bien par le biais de l’art, bien souvent l’art théâtral en Grèce antique, l’art de Dionysos en d’autres mots. L’art permettant une identification du spectateur, la tragédie serait le genre par excellence qui permettrait une purgation de nos pensées impures en étant témoin des événements dramatiques, entrainant un effet de « catharsis », purification de l’âme. 

De ce raisonnement, les festivités « Dionysies » – qui se tenaient chaque année à Athènes lors des mois de février et de mars, en comparaison de notre calendrier actuel – permettaient d’organiser une purgation collective, incluant tous les pans de la société, jusqu’aux prisons.

L’album Map of The Soul : Persona, se terminait sur la chanson « Dionysus », un déchaînement des passions, un exutoire mélodique en proie à une discordance sonore, chaotique. Déstabilisante. Au coeur des rythmes désordonnés, les paroles hoquetantes déversent une exhortation à la dépravation et à l’ivresse… artistique.

« Bois cul-sec (la douleur de la création),
Ce verre (sirote-le), les bras croisés (pourboire), une gorgée […]Sois juste ivre comme Dionysos, 
L’art s’agite dans ce verre en cristal
L’art, c’est aussi l’alcool, si tu le bois, tu deviens ivre, idiot »

Dernière pièce de MOTS : Persona, « Dionysus » s’impose comme la fin de la Persona, enveloppe sociale superficielle, et un lien vers la catharsis, la purgation après une introspection intérieure, shadow, et son défoulement. Un point que Jung intégrait dans son analyse. Ainsi, BTS annonçait dans son teasing pour MOTS : 7, la « City de Dionysia » , soit la poursuite de la piste entamée par « Dionysus » qui introduisait la thématique : l’étalage de tout art, le défoulement de la population, pour parvenir à la Catharsis. 

Le travail de Jakob Kudsk Steensen nommé Catharsis, qui ouvre le projet CONNECT de BTS, et prend part au planning promotionnel de BTS avant la sortie de MOTS : 7, semble être bien plus qu’une simple coïncidence. Catharsis est une oeuvre exprimant la plénitude d’une communion avec la nature, et son être.

« Leurs références [ndrt: les références de BTS] me paraissent si intéressantes.[Leurs travaux] s'attachent à [l'oeuvre de] Ursula Le Guin, et impliquent des questions personnelles et liées à la société, [...] à la santé mentale, avec une référence à la psychanalyse, à savoir The Red Book de Carl Jung. [...]

Les références de Ursula Le Guin et Jung résonnent merveilleusement bien avec le travail de Jakob Steensen, [...] les raccordent. RM est passionné par les galeries et les musées. Il voit l'art comme un portail vers un autre monde, semblable à la vision de Jakob, qui tend à voir sa forêt comme un portail. »

Hans Ulrich Obrist, commissaire d'exposition des Serpentine Galleries (Catharsis, The Deep Listener), critique et historien d'Art
Catharsis BTS CONNECT

Une expérience déroutante

L’installation dédiée au « CONNECT, BTS » s’étendait sur plusieurs pièces, que le visiteur était invité à parcourir. Vastes et silencieuses, les salles d’exposition favorisaient une pleine ouverture des sens. Des écrans LED grandeur nature étaient disposés de part et d’autre des salles, diffusant divers passages de Catharsis.

Parfaitement isolée de tout bruit parasite extérieur, Catharsis est une expérience étonnante à vivre de soi-même, physiquement. L’installation est déroutante de réalisme alors même qu’il ne s’agit pas de « réalité virtuelle » au sens auquel on l’entend habituellement.  L’artiste danois en usait pourtant régulièrement dans ses travaux précédents, à l’aide de casques VR, et dispositifs en tout genre. Cette fois-ci, l’oeuvre s’offre en toute simplicité au spectateur ; et pourtant, l’effet est tout aussi envoûtant.

Catharsis paysage

Tableaux animés d’une nature vibrante, frémissante de vie, c’est un moment apaisant, hors du temps, que nous offre Jakob Kudsk Steensen. Magique, enchanteur, l’artiste se fait magicien devant nos yeux émerveillés. Pantois, l’oeuvre se déroule au fil des déambulations, comme si, par quelques facéties de notre illusionniste, nous étions aspirés dans ses charmes verdoyants.

Aux origines, l’eau. Les flots nous encerclent, vibrants, et nos oreilles sont assourdies par les bruits marins ; la vision tremblante, brouillée, la vie marine se dévoile timidement. Transition. Les sons s’alourdissent, et l’on émerge. Une sensation de fraîcheur se ferait alors presque sentir, nos sens frémissants imaginant sans mal la brise, câline, caressant nos corps encore humides. Les sons terrestres de la forêt envahissent l’espace sonore, et la trame se déroule en une prise de vue unique et continue, à la première personne, depuis l’écoulement du ruisseau, longeant, traversant les bois bruissants d’une myriade de chants sylvestres, pour s’élever progressivement de branche en branche, jusqu’aux cimes de la forêt. 

Catharsis est particulièrement saisissante de part son traitement : le choix d’un plan-séquence permet de captiver le spectateur, sans coupure, et participe à la sensation d’être présent dans l’espace-temps de l’oeuvre. Tout comme dans The Deep Listener, Catharsis joue sur une lenteur calculée, discrète, mais permettant de capter subtilement l’attention du public, qui s’ouvre à son environnement en prêtant attention aux détails ; éveille ses sens dans une fascination progressive, hypnotique. Un moyen également de dégager des fréquences habituellement inaudibles pour une oreille humaine – ralenti, le son est décuplé, ouvrant un tout autre univers.

Un « jardinage numérique » : une production au coeur de la Nature

Pour donner vie à cette forêt, Jakob Kudsk Steensen a passé comme à son habitude de nombreux mois sur le terrain, pour observer, récolter, analyser, recomposer. Catharsis est ainsi basé sur des échantillons de diverses forêts nord-américaines dans lesquelles l’artiste danois s’est rendu, accompagné de l’artiste du son Matt McCorkle, son acolyte depuis The Deep Listener. On note par exemple un mélange de plusieurs espèces d’arbres, notamment des séquoias de Californie.

Jakob Kudsk Steensen se fait ainsi « jardinier numérique », en photographiant tous types de végétaux, récoltant plusieurs échantillons afin de transformer cette matière première en donnée numérique, à l’aide de diverses technologies relatives à la 3D telles que la photogrammétrie, ou encore l’utilisation de quelques programmes initialement utilisés pour la création de jeux-vidéo, pour construire ses paysages virtuels (certains des travaux de Jakob Kudsk Steensen utilisaient UnrealEngine par exemple, un des moteurs phare de l’industrie vidéoludique). C’est un véritable « jardinage numérique », les graines récoltées sont replantées dans un environnement numérique, redonnant vie à quelques fantômes du passé, ré-inventés.

Catharsis Jakob Steensen et Matt McCorkle

Matt McCorkle et Jakob Kudsk Steensen

Au niveau du son, Matt McCorkle a révélé avoir utilisé des microphones sous-marins pour enregistrer les sons de ruisseaux. Quant aux sons d’animaux, et autres ambiances naturelles, ils ont été isolés et récupérés de manière similaire, comme base de création pour l’univers sonore de Catharsis. Le tout est remodelé en une partition captivante aux tonalités subtilement irrégulières, une harmonie dissonante d’une tension étirée et vivifiante, rompue dans une renaissance constante ; libératrice et apaisante, un air cathartique. 

«  Mon expérience dans le jazz et la musique classique m'a appris à écouter avec attention les nuances. C'est dans ces subtilités [de ton] que se devine l'histoire d'un musicien. Comme le musicien et son orchestre, chaque son de la nature contribue à un large paysage sonore. J'aime mélanger ensemble les sons "littéraires" de notre environnement, en les transformant en éléments abstraits, pour créer un paysage sonore émouvant. »

Matt McCorkle, artiste du son (Catharsis, The Deep Listener)

Interview complète de Jakob Kudsk Steensen ICI

Catharsis, une pièce en constante évolution

Catharsis était une pièce initialement créée pour la Pinchuck Fondation 2019 pour le Yalta European Strategy Forum annuel. Dans son exposition initiale, en 2019, Catharsis se présentait en 9 écrans LED disposés dans une configuration circulaire, dans une salle sombre. La composition rappelait étrangement quelques monuments mégalithiques comme le site de Stonehenge, ancrant la pièce dans une atmosphère curieuse, sacrée. Le public se positionnait au centre de la salle, comme pris dans une boucle temporelle, les images passant de dalle en dalle. 

En 2020, Catharsis s’associe au projet CONNECT, BTS, et présente une nouvelle expérience spatiale au sein des murs de la Serpentine Gallery. Quelques semaines après son exposition dans la galerie londonienne, Catharsis prend la suite de The Deep Listener et étire ses charmes luxuriants jusqu’aux jardins de Kensigton entourant la galerie, favorisant de ce fait une immersion d’autant plus profonde.

Continuellement vivante dans son écosystème virtuel, Catharsis est une création complexe et émouvante, en constante mouvance, dépendante du spectateur, et de l’instant présent, dans son achèvement. Chaque expérience est unique, comme lors de promenades quotidiennes qui seront, chaque fois, propices à de nouvelles sensations. 

« Deux expériences de Catharsis ne seront jamais identiques » indiquait Hans Ulrich Obrist, directeur des projets internationaux des galeries Serpentines.

« Ce ne sont pas des images mouvantes prises dans une boucle, comme une vidéo que l'on relancerait. C'est un véritable organisme digital, vivant, semblable à un arbre. C'est à mon sens, une forme d'art totalement nouvelle.»

Ci-dessus, photo de l’exposition extérieur ©Serpentine galleries

Catharsis est un poème d’images, une vaste peinture verdoyante s’attardant en quelques traits sur ces dons précieux de la nature, un témoignage des ressources inestimables, trésors vivants bruissants et frémissants sous nos pieds et dans nos poumons. Discrètement tangibles et infiniment présents, mais malheureusement bien peu éternels. Une douce tension cathartique pour un apaisement et une prise de conscience : chérir notre environnement et protéger nos forêts

«On croirait assister à l'un de ces tournants décisifs [ndrt: à propos du travail et de l'influence de BTS]. Dans le monde de l'art, beaucoup ont perdu confiance en la capacité de l'art à changer le monde. De ce fait, c'est assez magique, de parvenir à revigorer la chose, de cette façon. [...]

L'idée que l'on puisse mobiliser des millions de personnes pour étudier la question de leur propre santé mentale, c'est quelque chose que l'art essaie de faire depuis longtemps ; avoir un impact social, pour ouvrir des possibilités incroyables. Il y a de nombreuses choses intégrées aux discours artistiques qui sont uniquement exposées à un groupe réduit de personnes, mais qui pourraient être véritablement révolutionnaires. »

Ben Vickers, CTO des Serpentine Galleries, commissaire d'exposition et écrivain.
CONNECT BTS Jakob Catharsis

Jakob Kudsk Steensen, créateur de Catharsis, la mine réjouie lors de la conférence de lancement à Londres au sujet de CONNECT, BTS.

Les Galeries Serpentine proposeront Catharsis jusqu’au 15 mars dans le cadre du projet CONNECT, BTS financé et initié par le groupe sud-coréen BTS, sous la supervision générale du commissaire d’exposition Lee Daehyun. Pour les personnes ne pouvant se rendre sur place, Catharsis est également visible en ligne via un live Twitch. Nous vous conseillons un casque et un environnement calme pour profiter pleinement de l’oeuvre ! 

« Ne vous posez plus de questions sur le pourquoi du comment, abandonnez-vous, explorez » – Jakob Steensen.

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