Le Disco de BTS & TOMORROW X TOGETHER

Article publié dans le Weverse Magazine, le 04/11/2020. Traduction par #Blue

La pop culture Coréenne, dans certains cas, épuise certains genres de musique seulement à la surface – par le biais de la mode et de la gestuelle. Le Heavy Metal et le Disco en sont les plus grandes victimes. Mais il existe une différence. Le Heavy Metal a eu du mal à se faire une place, étant souvent la cible de moqueries par les médias. Le disco de la K-POP, en revanche, est un style qui continue d’apparaître au bon moment. Dans la plupart des cas, le « rétro » comme slogan, mène l’offensive et le disco en peaufine les détails. Pourtant, alors que cet héritage des années 70 aux 90 est sollicité et repris à maintes reprises, l’appeler “retro” semble étrange désormais. Si le Disco ne marche plus aujourd’hui, c’est à cause de cette incapacité à pointer du doigt ce malaise. Par coïncidence, quand le « rétro » ne suffit pas à lui seul pour dresser un tableau complet, la K-POP a évoluée en un courant majeur de l’industrie musicale – une raison pour laquelle nous pouvons observer le Disco de Big Hit Entertainment (ou “Big Hit”) dans les influences de “Dynamite” par BTS ou au travers de “Blue Hour” de Tomorrow X Tomorrow, dans un contexte légèrement différent.

Si l’histoire du Disco peut se résumer en quelques étapes phares, allant de Saturday Night fever à “Disco Demolition Night”, le genre semble avoir, après un succès populaire, traversé plusieurs étapes d’auto-duplication; parfois détesté par des groupes spécifiques, puis en disparaissant pour de bon. Pour les pionniers du genre, le disco est un hymne à la diversité et aux droits des minorités et un moyen de résistance. Dans le début des années 70, les DJs mixent du funk Américain, du groove Latin, et de la musique électronique Européenne, tout en inondant les pistes de danse de messages encourageant à s’aimer les uns les autres. La piste de danse n’est pas restée longtemps réservée aux couples mais devint un espace où des milliers de personnes pouvaient s’amuser ensemble. Quand le disco s’est approprié des valeurs transcendant les genres, l’ethnie et les différences sociales dans ce qui semble être d’innocentes pistes de danse, le “Disco Demolition Night” s’est avéré être un événement symbolique qui peut-être, était le destin, un ancien DJ de radio rock a organisée une destruction massive d’albums disco dans un stade de Baseball. Les boîtes de nuit ont survécues après le disco; pourtant la mission de mettre en lumière les opportunités que le disco offrait aux artistes noirs, Latino, Italiens, les femmes et les gays, revenait à ceux qui étaient en dehors des boîtes de nuit. 

Ce n’est pas un hasard si au milieu des problèmes actuels de haine et de résistance contre les diverses identités propres, les gens n’espèrent pas simplement un retour du disco mais l’attendent comme une nécessité. Dans des temps de conflits explosifs d’ethnies et de classes sociales, le disco n’est pas « rétro » mais actuel. Et si pour la musique pop, le succès aux Etats-Unis correspond à un marché international, la voie du succès était beaucoup trop étroite pour un boy band asiatique. Un boy band de K-POP est un contraste percutant vis-à-vis de la virilité typique de la culture Américaine. Mais BTS a élargi la route, et son importance va plus loin qu’ajouter une caractéristique supplémentaire – dans cette situation, Asiatique – mais vers un spectre de diversité. Dans un pays d’aprioris et de discrimination envers les boy bands, les minorités et d’une masculinité alternative, le premier tube anglais de BTS “Dynamite” a été produit en tant qu’un son disco, et a beaucoup de sens vis-à-vis de l’histoire de la musique pop américaine mais aussi du contexte social – en particulier lorsque la chanson décrit la joie de l’excitante vie quotidienne de nos jours. La chanson “Blue Hour” de TOMORROW BY TOGETHER utilise le disco pour représenter le concept frais du boy band; la chanson parle d’un moment spécial de joie dans un monde tout aussi réel qu’imaginaire. Cette chanson gagne un nouveau contexte étant donné que les autres chansons, “We Lost The Summer”, ou “Way Home” aussi inclus dans l’album minisode: Blue Hour reflètent les changements de la vie quotidienne des adolescents à cause de la COVID-19. L’air disco se lance quand un adolescent se voit privé de sa balade quotidienne dans les rues à cause de la COVID-19, chantant son bonheur éphémère. C’est une variation du disco entre les mains d’un boy band, et la réponse au pourquoi le disco peut être une autre forme de festival de musique à cette époque.

Il est juste d’interpréter la positivité de BTS et la fraîcheur de TOMORROW X TOGETHER comme un  contrepoids, en partie, aux caractéristiques de la musique pop Américaine. Mais si c’est tout ce qu’il y a à dire, alors cela signifierait que le bien être sans l’inquiétude d’un “conseil parental” est le moteur de leur popularité. Tout simplement, les gens pourraient rechercher des musiques “bien-être” durant cette terrible période de pandémie. Selon ce qu’à révéler Ian Kirkpatrick, producteur de “Don’t Start Now” de Dua Lipa, à Nylon, avant de produire leur tube, qu’il avait vu avec ses collaborateurs, Caroline Ailin et Emily Warren, un groupe d’invités (bien sûr des blancs) en chemises à carreaux dans un bar d’une banlieue américaine dansant sur «YMCA». Ils ont avoué n’avoir aucune vision préalable du disco – ce qui n’est pas de l’humilité, mais plutôt de la confiance des artistes pop qui jettent un regard sans aprioris sur les demandes de l’époque. Maintenant, l’heure est au disco.

On ne peut mesurer toute l’intention du disco de BigHit, à part que son côté vif amusant a une signification plus fraîche et plus riche que l’ancienne K-POP. Ce disco rappelle cette nuit d’il y a 30 ans, quand les “hommes blancs” ont mis le feu au disco pour reprendre leur domination.